Jean-Pascal Lüthi, vice-directeur, chef de l’enseignement secondaire supérieur au SEFRI

A quoi sert le SEFRI?

Le SEFRI, Secrétariat d’Etat à la Formation, à la Recherche et à l’Innovation, est le centre de compétences de la Confédération pour les questions de portée nationale ou internationale relevant de la politique de formation, de recherche et d’innovation. Dirigé par le Secrétaire d’Etat Mauro Dell’Ambrogio, il compte quelque 300 collaborateurs et dispose d’un budget annuel de l’ordre de 4,5 milliards de francs.

La première de ses missions est de développer une vision stratégique globale pour la formation, la recherche et l’innovation en Suisse et d’élaborer la planification des prestations et des ressources de la Confédération pour ces trois domaines. Dans le domaine de la formation professionnelle, nous sommes également responsables du cofinancement de la formation professionnelle (900 millions par an).

Au niveau international, le SEFRI permet aux acteurs suisses de se positionner sur la scène mondiale et d’être partie prenante des échanges internationaux en œuvrant pour la coopération et la mise en place de réseaux. A titre d’exemple, je citerais le programme d’échange européen Erasmus+, le programme de recherche de l’UE Horizon 2020, l’Agence spatiale européenne ESA, le Laboratoire européen pour la physique des particules CERN, l’initiative pour des projets de recherche appliquée EUREKA et la coopération internationale en matière de formation professionnelle.

Au sein du SEFRI, la division «formation professionnelle initiale et maturités» regroupe les thématiques de formation du degré secondaire II (formation professionnelle initiale, maturité professionnelle, politique de la maturité gymnasiale et examens suisses de maturité). Sa structure permet de proposer une politique consolidée de la formation du secondaire II à l’échelon fédéral ainsi que d’être une interlocutrice fédérale à de nombreuses structures cantonales de formation du secondaire II.

Durant ces dix dernières années le SEFRI s’est consacré à la mise en place et à la consolidation de la nouvelle loi sur la formation professionnelle: ainsi, près de 200 contenus de professions ont été complètement révisés. Avec en plus le début d’un renforcement de la formation professionnelle supérieure.

Quels sont vos projets pour 2017-2018?

Nous menons plusieurs projets stratégiques avec les autres partenaires de la formation professionnelle, en voici quelques-uns:

– nouvelle stratégie formation professionnelle 2030 (formation professionnelle initiale et supérieure)

– renforcement de la formation professionnelle supérieure

– renforcement de la maturité professionnelle

– diplômes professionnels et changement de profession pour les adultes

– renforcement de l’orientation professionnelle (avec les cantons)

Deux tiers des jeunes choisissent la voie du CFC en Suisse, pourquoi un tel engouement?

La voie professionnelle permet une intégration rapide sur le marché du travail et offre aussi de nombreuses opportunités de carrière. De par la flexibilité et la perméabilité du système suisse de formation, il est possible de continuer des études dans le domaine professionnel ou aussi académique (via des passerelles).

La qualité de notre système de formation professionnelle est largement reconnue. Mais le monde évolue et donc aussi les qualifications requises par le marché du travail. Il nous faudra encore être plus réactifs à l’avenir que nous le sommes aujourd’hui. Les processus de formation devront rapidement s’adapter aux évolutions. Bref il y a encore du pain sur la planche!

Propos recueillis par Coralie Schaffter

Parution
Agora n°15
Catégorie
Métier
Rubrique
Dossier spécial formation professionnelle
Auteur
La rédaction