La formation professionnelle à l’Armée

La voix du responsable et de l’apprentie.

Christophe Küng est responsable de la gestion des apprentissages au Centre logistique de l’armée Grolley, à la Base Logistique de l’armée (BLA)

Qu’est-ce qui vous a attiré dans l’Armée?

Après l’obtention d’une maturité économique gymnasiale à Fribourg, je suis ensuite parti à l’Académie militaire de l’EPFZ pour devenir instructeur. En parallèle, j’ai fait mon armée et suis devenu capitaine. Après un changement d’orientation, je me suis spécialisé dans l’enseignement sur simulateur de tir d’artillerie sur la place d’armes de Bière. Une fois mon brevet de formateur d’adultes en poche, je me suis focalisé sur la formation des apprentis. J’apprécie beaucoup la pluralité des offres de formation et des plans de carrière, ainsi que la stabilité de l’emploi. J’apprécie également le contact avec les apprentis, la diversité géographique et professionnelle dont je bénéficie.

Quels horizons professionnels propose l’Armée aux jeunes?

Elle permet de suivre des apprentissages de style CFC sur trois à quatre ans tels qu’employé de commerce, mécatronicien d’automobiles, polymécanicien, assistant médical, carrossier-peintre, polygraphe, ainsi que des attestations fédérales (AFP) de deux ans à l’instar d’assistant de bureau, praticien en pneumatique etc. L’armée offre entre autres un salaire correct, un 13e salaire, 7 semaines de vacances pour les apprentis, des horaires de travail flexibles, la perspective de participer à des championnats professionnels, un soutien pour les séjours linguistiques et les formations continues, la prise en charge des frais du matériel didactique. De plus, la diversité des tâches et le dynamisme des encadrants permettent aux jeunes de travailler dans un cadre propice à l’épanouissement professionnel. Les formations sont dispensées dans toute la Romandie hormis dans les cantons de Genève et de Neuchâtel.

Kistel Mojon habite les Ponts-de-Martel et a débuté un apprentissage de conductrice de véhicules lourds à l’armée.

Pourquoi cet apprentissage à l’Armée?

Après avoir effectué toute ma scolarité obligatoire aux Ponts-de-Martel, dans le canton de Neuchâtel, je suis partie à Grindelwald pour travailler en tant que fille au pair. C’est là que j’ai découvert un stand d’apprenti conducteur pour l’armée. J’ai su dès lors que j’en ferai mon métier. En août 2016 je commençai ma formation à Grolley.

Motivée à travailler en tant que conductrice auprès de mon père, il me fallait une formation professionnelle qui me donne l’occasion de rouler sur de longs trajets: seule l’armée m’a offert cette possibilité.

Parlez-nous de votre formation.

Ma journée type débute à 6h15 par le déchargement des wagons arrivés le matin même. A 7h00, notre camion est prêt pour livrer dans toute la Suisse romande. Retour à 15h00, nous déchargeons la marchandise récoltée et rechargeons les wagons qui repartiront pour la centrale à Thoune. Comme je n’ai pas encore 17 ans, je ne peux pas encore apprendre à conduire un camion. En attendant, je me forme durant 6 mois en mécanique.

Moi, ce que j’aime, c’est rouler, partir à la découverte de nouvelles régions de Suisse, savoir que chaque jour est différent, être au contact avec la clientèle. Ce qui est bien à l’armée, c’est qu’il y a beaucoup de débouchés intéressants et des places fixes après notre formation. La diversité des corps de métier, les horaires souples, un salaire intéressant et les 7 semaines de vacances: c’est très motivant pour les jeunes.

Faut-il des dispositions particulières pour poursuivre un apprentissage au sein de l’Armée suisse?

Pour passer des journées sur les routes, c’est bien d’aimer la solitude et l’autonomie. Pour travailler à la Défense, j’ai constaté qu’il faut de la discipline, le respect du secret de fonction, savoir communiquer et oser demander de l’aide quand on en a besoin. Si des jeunes sont motivés à nous rejoindre, je leur conseille de venir faire un stage sur le terrain, poser des questions et écrire une lettre de motivation bien à l’avance. En ce qui me concerne, je les avais contactés deux ans avant mon entrée en apprentissage, et grâce à cela, j’ai pu y effectuer plusieurs stages.

Propos recueillis par Coralie Schaffter

Parution
Agora n°15
Catégorie
Métier
Rubrique
Dossier spécial formation professionnelle
Auteur
La rédaction