Les écoles d’ambulanciers de Sion et de Lausanne en synergie pour la création d’une école fictive!

Entretien avec Witschard Stéphane, responsable du service d’ambulances de la Ville de Sion depuis 2010 et formateur d’ambulanciers.

Comment êtes-vous venu au domaine des ambulanciers?

Je viens d’une famille de samaritains, ce domaine nous passionne de génération en génération. C’est pourquoi dès mes 18 ans, je n’hésitai pas une seconde et devins formateur grâce à l’alliance suisse des samaritains. En 2008, mon brevet fédéral de formateur me permit d’accéder au poste de responsable de formation d’un service d’ambulance et en 2010 celui de chef de service.

Dans mon service, nous sommes une trentaine de collaborateurs ambulanciers et nous formons plusieurs étudiants chaque année grâce aux écoles de Genève et Lausanne (ambulanciers diplômés et techniciens ambulanciers). Nous sommes aussi en charge de la formation continue à l’interne.

De quelles qualités doivent disposer les formateurs ambulanciers?

Le savoir-être est indissociable du savoir-faire. Maîtriser les gestes techniques et savoir se mettre à jour paraît évident, mais plus encore le fait de posséder de bonnes ressources pédagogiques. Comme vous travaillez avec de jeunes adultes qui peuvent avoir parfois 19 ans, la patience, la diplomatie et le tact permettent de les guider vers une optimisation de leurs compétences. Ce corps de métier reste en contact constant avec l’Humain, l’Autre, nous devons donc veiller à transmettre des valeurs humaines tel que le respect, la communication et l’écoute. Un apprenant se basera toujours sur l’exemplarité de son formateur, c’est pourquoi nous mettons aussi bien en avant les connaissances pratiques qu’humaines.

Quels projets pour 2017?

Dès août 2017, l’école d’ambulancier de Lausanne (ES ASUR) et nous-mêmes allons regrouper nos synergies afin mettre en place «une entreprise de formation».

Grâce à ce projet innovant, la Ville de Sion disposera de 4 places de stage au lieu d’une seule. De ce fait, les étudiants pourront construire leur entreprise, soit un service d’ambulances fictif. Ainsi, grâce à cette union intercantonale, nous sommes non seulement parvenus à quadrupler le nombre de place de stage, mais de surcroît, à rendre nos étudiants co-bâtisseurs de leur formation.

Sur le terrain, il y aura une alternance de 2 étudiants pour de vraies interventions pendant que l’autre moitié sera en apprentissage simulé dans l’entreprise fictive. Enfin, nous offrons à nos stagiaires une expérience riche et variée, en passant par de fausses interventions très proches du réel, à la gestion du matériel et des ambulances: quelle magnifique aventure au programme!

Propos recueillis par Coralie Schaffter

Parution
Agora n°16
Catégorie
Métier
Rubrique
Dossier
Auteur
La rédaction